Une autruche sur l'Everest

 

Chapitre 3 – Les pièges à autruches… ou le chapitre 7

Une première montagne pour transformer ma vie

Oui… euh… j’ai une montagne à gravir. Une montagne et pas n’importe laquelle. La plus haute du monde. Soit, je ne me rendrai pas tout en haut, mais tout de même au 2/3 de sa hauteur. Pas si mal pour une toute première montagne. Il n’y aura que 50% de l’oxygène dans l’air au camp de base de l’Everest par rapport à mon petit Lévis (Québec, Canada).

         Il y aura un défi, c’est certain, mais d’autres l’ont fait avant moi alors pourquoi pas? Pourquoi me demander si ce sera faisable? Pourquoi prendre du temps pour renfoncer un doute alors que nous sommes tous tellement capables d’en faire plus que nous le croyons ? Non, mais c’est vrai! C’est étonnant tout ce que nous sommes en mesure d’accomplir, alors pourquoi tenter de se faire croire le contraire. Certes, les doutes peuvent subsister, mais se donner une chance est une occasion de se prouver bien des choses et bien souvent de se défaire de croyances limitatives. Combien de fois me suis-je dit que je m’étais lancé dans quelque chose de trop grand pour moi. Et ce n'est pas que récemment que je me le suis répété. Je l’ai fait tellement souvent au cours des 30 dernières années que ça a fini par fonctionner. D’accord, il y a eu d’autres facteurs aggravants dans ma vie qui ont contribué à me convaincre de ces limites fictives, mais une chose est certaine, je n’ai pas toujours poussé la note comme je l’aurais pu. Je me suis imposé des limites qui, visiblement, n’en étaient pas. Encore une fois, mea culpa.

Pourquoi, faisons-nous ça? Je présume, évidemment que je ne suis pas le seul à m’être fixé des limites avant même d’avoir tenté quelque chose… Bon, bon, ne levez pas toutes et tous la main en même temps! … J’ai compris alors. Je suis le seul. Alors j’assume. Comme je n’ai pas de fierté, je continue. Et c’est ce qui m’a enseigné quelque chose de très important. Ce n’est pas un secret, car je l’ai mentionné un peu plus tôt dans ce texte. C’est vraiment surprenant tout ce que nous pouvons accomplir lorsque l’on ne se met pas de limite. Ceci peut paraître prétentieux, mais dans les faits, c’est étonnant. Alors, essayez, vous verrez. Du moins, j’en ai été surpris moi-même.

         Dans ma tête, je me limitais moi-même et me privais de belles surprises, de succès étonnants, et de possibilité de croissance personnelle dont seul moi pouvais en libérer le potentiel. Un potentiel qui ne pouvait que poireauter parce que j’en avais décidé ainsi. J’avais décidé que j’étais limité. Au final, je dois l’avouer, j’ai été surpris par les résultats de mes premiers tests physiques menés par la Société de recherche sur le cancer. C’est bien beau se lancer dans un projet de malade, encore faut-il avoir ce qu’il faut pour le réussir. Mais çà, en m’inscrivant à cette aventure, je n’en avais aucune idée. À ma grande surprise, après quelque trois mois intensifs d’exercice et d’un régime moins riche en poutine, je passais haut la main les examens. Bien que ce n’était qu’un début, c’était encourageant, et surtout étonnant.

         Voilà ce que j’en ai retenu. Je me suis conditionné dans ma vie à ne pas m’écouter. Vous savez, cette petite voix qui dit : tente ta chance, tu ne sais pas si tu vas échouer ou non… aller, vas-y. C’est parfois le meilleur moyen de ne pas se décevoir. Alors parfois il vaut mieux vaut faire la sourde oreille, se méfier de soi, foncer sans retenue dans ses idées, et surtout avoir la conviction que les résultats vont vous surprendre, sans compter que vous aurez le plaisir de ne pas avoir à dire : « J’aurais donc dû ». Que pour cela, ça en vaut la peine.

         Lorsqu’il m’arrive de me fixer aléatoirement des limites, il m’arrive de me dire au fond de moi : qu’est-ce que t’en sais, ti-Joe? Non, mais c’est vrai. Car les mots que l’on se dit peuvent avoir des impacts désastreux sur notre vie. Alors je fais plus que le nécessaire pour me ramener sur terre. Plus souvent qu’autrement sans prendre de gants blancs. Que ce ne soit pas un argumentaire logique ou par une engueulade en règle avec moi-même (plus souvent qu’autrement les deux) je vous avoue que je ne me ménage pas. Je passe dans le tordeur, je me savonne l’esprit. Je peux vous dire que ça fonctionne. Je vous recommande de vous sermonner vous aussi lorsque vous vous dites toutes sortes de conneries pour vous limiter. Parfois, on a l’impression de rationaliser, mais combien de fois des gens ont innové et réussi des trucs en croyant e leurs moyens, tout simplement. Car, innover en soit est tout à fait irrationnel. C’est tellement risqué et ça demande tellement d’effort qu’il ne faut peut-être pas avoir toute sa tête pour se lancer. Mais au final, les choses progressent et vous vous surprenez à réaliser ce que vous avez imaginé. Et vous et le monde qui vous entoure progressez. Ainsi, que ce soit logiquement ou non, ne vous limitez pas… cherchez plutôt la solution.

         C’est ce que je m’oblige à faire. J’oublie alors mes limites. Je recommence à rêver. L’espoir renaît et avant longtemps je me vois relever des défis qui peuvent paraître parfois complètement détachés de la réalité. Est-ce que ça va fonctionner? Vous me demandez si je vais réussir mon défi. On verra bien. Une chose est certaine, je ne pourrais jamais dire, moi: « J’aurais donc dû ».

Pour gravir n’importe quelle montagne (qui n’est en fait pour moi qu’un symbole métaphorique), il faut avoir cette vision, cette conviction ou cette foi qui peut la soulever (la montagne). Quand votre objectif est clair et précis et que vous l’avez bien en tête (constamment, idéalement), eh bien à partir de ce moment, ce n’est qu’une question de temps. Lorsque votre objectif est d’une limpidité cristalline, ce sont les solutions qui jailliront de votre esprit et non les limites.

Lorsque vous en ressentez physiquement l’enthousiasme de vos choix, de vos projets, de vos rêves, eh bien vous savez que vous allez dans la bonne direction. Et lorsque vous suivez votre chemin, là et seulement là, aurez-vous compris tout ce que vous êtes en mesure de réaliser. Vous pouvez être certain que vous êtes en mesure d’en faire davantage que vous pourrez vous imaginer. Faites comme moi et essayez… juste pour voir.

J’en suis là présentement dans mon projet surréel. Je n’aurais pas cru me sentir dans la meilleure forme physique des 20 dernières années. Pas à mon âge. Et pourtant c’est vrai. Et vous savez quoi, ce n’est pas terminé.

         Oui, j’ai une montagne à conquérir et vous savez quoi?