Chapitre 2 – Les détails du projet et où j’en suis après 5 mois

13 mai 2018

Mon alimentation…

Après me premières ratées, je crois avoir compris bien des choses. Et je me suis adapté. Rien n’est encore parfait, mais je vais certainement dans la bonne direction. Je mentionnais plus haut que je n’ai pas une taille de guêpe… en fait, porter « une centaine de livres en trop », c’est ce que ça signifie. Donc à chaque fois que je mentionne mon projet à quelqu’un, je sens un regard se poser sur mon six packs et oui, ça me fait rire. Je savais qu’en m’inscrivant dans ce défi, je n’aurais plus la même silhouette 18 mois plus tard. Mais ce que j’ai réalisé est que je devais me débarrasser de mon excédent bien avant mon départ.

 

Les raisons sont multiples, vous vous en doutez bien. Ne serait-ce que pour éviter des blessures en cours d’entraînement. Aussi, perdre du poids est, par défaut, devenu un objectif. Honnêtement, je ne croyais pas que ce serait un objectif en soi. Je ne me suis jamais vraiment imaginé compter le nombre de branches de céleris que je devais ingurgiter tous les jours. À vrai dire, je n’avais même pas pensé que je devrais ajouter des légumes à mes habitudes alimentaires pour ce défi.

 

Je vous l’ai mentionné, je n’ai pas vraiment réfléchi lorsque je me suis inscrit. Je savais, tout simplement, que je devais le faire… et je me suis écouté. Et j’ai rapidement constaté qu’une meilleure alimentation allait me rendre un précieux service pour le reste de cette aventure. Étant le plus rebelle de tous en ce qui a trait à l’alimentation, c’était un autre défi de « taille ». Comment croyez-vous que j’ai réussi à me forger cette silhouette d’Adonis Sumo? Ayant pesé 180 livres (ou 82 kg) pendant des années, les poutines ont su faire grimper la balance jusqu’à 283 livres (ou 128 kg). Le défi m’a donc poussé à retenir les services d’une nutritionniste en ligne. Entre vous et moi, je me doutais bien que mon passé rebelle me rattraperait un jour. Après tout, changer du tout au tout aurait-il été possible? Dans plusieurs dimensions de ma vie, je suis du genre « électron libre qui ne se soucie pas trop des conséquences ». « Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul » comme disait Cyrano de Bergerac. Et je me reconnais dans ce personnage. Alors, vous avez une idée de mon personnage! Mais j’ai tout de même écouté les conseils de ma nutritionniste (après tout, ils n’étaient pas gratuits) et j’ai retenu ce que j’ai bien voulu. Une phrase m’a tout particulièrement marqué : 80% de ma perte de poids surviendrait grâce à l’alimentation, alors que 20% découleraient de l’exercice.

 

Encore la règle du 80-20 ou si vous préférez la loi de Pareto, Vilfredo de son prénom. Je sais, je déblatère à propos de l’alimentation et j’introduis un économiste dans la discussion. Déformation professionnelle oblige. Quoi qu’il en soit, dans ce cas-ci, la référence à la loi de Pareto n’est pas dénuée d’intérêt. En effet, je vous avoue que ces ratios m’ont surpris, car il m’est beaucoup plus difficile de marcher pendant 4 heures portant un sac à dos de 50 livres (ou 23 kg) que d’éviter les restaurations rapides et de réduire mes portions. Non, mieux et moins manger n’est pas si compliqué que cela en fin de compte. J’en discutais récemment avec une de mes collègues. Je lui expliquais à quel point j’avais négligé ma santé par une alimentation tout simplement épouvantable. Dans mon cas, j’ai réussi à atteindre ce poids en y travaillant très fort. J’en ai bouffé de la cochonnerie. J’avais mes démons : chocolat, restauration rapide, boissons gazeuses et des assiettes jamais assez pleines.

 

D’une certaine manière, au point où j’en étais, un effort modéré pouvait avoir des retombées très encourageantes à court terme. Mais comme l’alimentation joue un rôle majeur dans la perte de poids et comme je n’avais pas l’intention de traîner un fardeau inutile sur l’Everest, j’ai mis toutes les chances de mon côté. Donc avec l’autohypnose, j’ai « retiré » de l’équation les facteurs aggravants de ma condition physique. Je me suis débarrassé de mes obsessions pour le chocolat, la boisson gazeuse, le fast-food, et les collations après 20h30.

 

De plus, ma nutritionniste m’a recommandé d’utiliser une petite assiette plutôt que les grandes-assiettes-jamais-assez-pleines. J’ai également ajouté des collations en avant-midi et en après-midi à base de noix de toutes sortes. Pour ce qui est du reste, je mange normalement. La nutritionniste avait bien compris que je ne suis pas du genre à me faire des abricots confits au cul de poule à la napoléonienne. J’ai besoin que mes repas se fassent rapidement et ne diffèrent pas trop de mes habitudes. Elle ne m’a pas proposé une approche déjà toute prête, mais bien adaptée à ma personnalité, mon emploi du temps, et ma paresse chronique lorsque vient le temps de me faire à manger. Et je l’avoue, l’autohypnose m’a rendu une fière chandelle. Être coach de vie et également technicien en hypnose a ses avantages. Après un peu plus de 5 mois, j’ai réussi à réduire le poids sur mes genoux de 42 livres (19 kg) en plus de me sentir dans une forme que je n’ai pas connue depuis une vingtaine d’années. On me faisait remarquer récemment que mon triple menton d’il y a quelques mois avait perdu deux de ces bourrelets. J’ai un menton normal à présent. Et ce n’est pas terminé. Il me reste un an pour perdre ces autres bourrelets disséminés un peu partout sur moi. Dire que je n’avais pas vraiment pensé que je maigrirais en me jetant dans ce projet. Et j’aurais encore moins cru que j’en aurais retiré une certain plaisir ou fierté. Je l’ai écrit plus tôt dans ce livre, quand je me suis lancé dans ce défi, je n’ai pas vraiment réfléchi à grand’chose.

 

Je savais tout simplement que je devais le faire. Ce qui me fait dire que de s’embarquer dans un projet qui nous tient vraiment à cœur est un bon moyen pour changer bien des choses (notamment ses mauvaises habitudes) dans sa vie… pensez-y! Il y a peut-être quelque chose que vous pourriez faire de passionnant qui pourrait transformer votre vie. Dans le fond, peut-être que de ne pas y réfléchir est l’approche efficace pour changer sa vie. C’est certainement un bon moyen pour faire le tout premier pas. Et, personnellement, je crois que ce premier pas est bien plus qu’une toute petite partie de l’objectif visé. Je crois que le premier pas constitue au moins la moitié de l’objectif visé. Oui, commencer est tout un défi, mais quel succès déjà de l’avoir fait. Alors, réfléchissez-y… ou plutôt, non, n’y réfléchissez pas et faites ce tout premier pas. Et après cinq mois, où en suis-je en ce qui a trait à ma motivation? La question m’est souvent posée. Et j’avoue que j’ai peine à croire qu’un jour j’aurais répondu cela : « Pourquoi ai-je attendu aussi longtemps avant de le faire? » Non seulement je n’ai pas le goût de manger des cochonneries ou de trop manger, mais en plus j’éprouve un manque lorsque je ne fais pas mes exercices. C’est fou. Je ne l’aurais pas cru. Malgré mes douleurs aux genoux, hanches, chevilles et que dire de mes abdominaux… en fait, MON abdominal. Et malgré tout ceci, je ne pourrais pas m’en passer (du moins, pour l’instant).

 

Je sais ce que vous pensez, je dois être masochiste. Peut-être. Mais ça fait du bien, donc je m’en … Certains affirment que trois semaines suffisent pour adopter une nouvelle habitude, d’autres disent que trois mois sont nécessaires. Je crois, en effet, que le temps y est pour quelque chose, mais surtout que pour franchir ce cap, on doit absolument faire quelque chose qui nous stimule au plus haut point. Il faut être inspiré. Et où trouvai-je mon inspiration, ma motivation? D’accord, il s’agit d’un rêve de longue date. Un défi personnel qui rejoint bien qui je suis et ce qui me valorise personnellement. C’est vrai. Et même s’il y a bien d’autres projets qui me stimulent, j’étais rendu à celui-là sur ma liste. Ce n’est pas le seul stimulus. Il y a des gens autour de moi qui se battent contre le cancer. Eh oui, c’est quelque chose qui me touche énormément. Mes parents, cousins, amis, collègues. Et je suis arrivé à un moment de ma vie où je devais faire quelque chose pour cette cause. Une goutte d’eau peut-être. Mais je le fais. Je me devais de le faire. Et j’ai fait le premier pas. Sur un coup de tête, j’en conviens, mais je l’ai fait… moi. À l’idée de marcher pour espérer accumuler des fonds pour la recherche sur le cancer me donne ce petit coup supplémentaire de courage quand j’ai des douleurs ici et là. Et je sais, ces douleurs ne sont absolument rien par comparaison à ce que ces proches et connaissances aux prises avec le cancer doivent endurer. Je ne fais pas de comparaison ici. Je me dis tout simplement que je n’ai pas de raison de me plaindre. C’est tout, et je continue. Je marche, je soulève des poids, je fais la planche, je spin comme un malade. Je me tais, je fais ce que j’ai à faire et je pense à ceux et celles pour qui je fais une levée de fonds et relève ce défi physique. Il y a ces personnes qui parlent ouvertement sur Facebook de leur cancer. Ces amis Facebook que je ne connais pas vraiment, mais pour qui j’éprouve de la sympathie. J’ai toujours en tête cette publicité sans paroles où les gens, proches, et amis étaient projetés vers l’arrière à l’annonce du pronostic médical. J’y pense et je me sens, moi aussi, projeté vers l’arrière.

 

Et enfin, il y a ma mère qui s’est braquée devant cette maladie à trois reprises déjà… et qui vient tout juste de se faire confirmer que le cancer s’est installé à nouveau dans elle… sur l’un de ses poumons cette fois-ci. Je ne souhaitais pas parler de cette question dans cette publication. Mais vu l’état d’esprit de ce petit bout de femme. Vu son attitude de battante, je ne peux pas faire autrement que de m’inspirer de sa force. Malgré l’âge et les dommages que les années ont causés à son corps, elle fonce encore. Encore une fois, elle va se battre. Elle est en mission. Elle s’accroche à cette vie pour être auprès des siens le plus longtemps possible. Malgré le défi, elle fonce à nouveau dans des souffrances qu’elle connaît trop bien. Ça force, c’est l’espoir… et son caractère. Après çà, comment voulez-vous que je ne fasse rien? Ou me plaindre? Que je ne fasse pas mes exercices ou que je mange de la poutine? Dans toute cette aventure, j’ai su, sans même le planifier, avoir des exemples autour de moi, avoir un rêve, et être de nature suffisamment entêtée et fière pour être en permanence motivé. Et comme si ce n’était pas assez, il y a tous ces donateurs qui ont cru en moi et qui ont donné de leur argent pour cette cause.

 

Je ne peux tout simplement pas les abandonner eux non plus. Alors où trouvai-je mon inspiration, ma motivation? Ai-je vraiment besoin de répondre à cette question?